Le Prieuré de France de l’OSJ
Ordre régulier de Saint Jean de Terre Sainte

Un ordre religieux en ligne unique.

Croix de Rhode
Croix de Rhodes

Code de la Chevalerie


1. Tu croiras à l’enseignement de la Sainte Église du Christ et tu lui resteras obéissant.
2. Tu défendras l’Église chrétienne.
3. Tu respecteras les faibles et seras leur protecteur.
4. Tu aimeras ta Patrie.
5. Tu ne reculeras jamais devant l’ennemi.
6. Tu combattras pour la Foi chrétienne.
7. Tu ne diras que la vérité et resteras fidèle à ta parole.
8. Tu seras généreux et charitable envers ton prochain.
 
Toujours et en tout lieu tu agiras en défenseur du Bien et de la Justice contre le mal et l’iniquité.

French Knights 1214
Chevaliers français Bouvines – 1214

COMMENTAIRE DU CODE DE LA CHEVALERIE
CODE DE LA CHEVALERIE :
ARTICLE 1

La manière chevaleresque d’être Chrétien.

Communion du Chevalier cathédrale de Reims
Communion du Chevalier- Cathédrale de Reims

L’article 1 du Code de la chevalerie est ainsi rédigé :

Tu croiras à l’enseignement de la sainte Église du Christ et tu lui resteras obéissant.

C’est à dire :

Ep 2,8 : C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi.

La vocation chevaleresque n’est pas de vivre en perpétuelle recherche théologique.

Elle adhère simplement et pleinement à l’enseignement de l’Église, qui nous a transmis la Parole de Dieu exprimée principalement par le Nouveau Testament :
Jn 14,6 : Je suis le chemin, la vérité et la vie.
Jn 20,28 : Tu es mon Seigneur et mon Dieu.

L’Église, c’est l’ensemble des Baptisés, la communion de tous les Chrétiens, instituée par Notre Seigneur Jésus-Christ il y a deux mille ans :
Mt 16,18 : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église.

Par principe, nous lui faisons confiance pour répondre à toutes les interrogations de la vie et fixer les normes morales qui permettent de structurer toute vie chrétienne, ordonnée à connaître, aimer et servir Dieu :
Mt 28,20 : Moi, je suis avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin des temps.

Et donc il convient de ne pas y désobéir, mais de lui être obéissant.

Cependant:

Il ne s’agit pas d’une obéissance aveugle !
L’enseignement de l’Église s’exprime par des quantités d’écrits et de prédications.
L’esprit chevaleresque sait très bien que si l’Église est sainte, elle est composée d’hommes pécheurs et faillibles : il convient donc de toujours garder sa vigilance d’esprit critique et le dictamen de sa conscience.
Le critère du discernement est celui de la cohérence avec le message de l’Évangile.
Le Christ est notre unique Maître, celui dont nous désirons et voulons être les disciples. Il est le seul Sauveur.

Acte de Foi que propose l’Église aux Chrétiens :

Mon Dieu, j’ai confiance en vous ; je crois fermement toutes les vérités que vous nous enseignez par votre Église, parce que c’est vous, la vérité même, qui les avez révélées, et que vous ne pouvez ni nous tromper ni vous tromper.

ARTICLE II

Quelle est notre action par rapport à l’Église ?

Saint Michel Patron de la milice céleste
Saint Michel chef de la milice céleste

L’article 2 du Code de la chevalerie est ainsi rédigé :

Tu défendras l’Église chrétienne.

C’est à dire :

L’Église ne peut s’exprimer autrement qu’elle le fait, puisqu’elle est porteuse du message de l’Évangile, de la Parole du Christ : la Bonne Nouvelle qui annonce le Salut universel et gratuit qui transforme le monde.
Ce faisant, elle contrarie les idolâtres de toute espèce.
Et puis, nous sommes environnés, pour ne pas dire cernés, par la meute du « consensus de la pensée unique » et du « politiquement correct » qui refuse Dieu, qui l’exclut et qui aime à salir tout ce qu’elle touche, ne négligeant aucun moyen pour tenter de détruire ce qui contrarie sa folle course au néant.
Mt 24,9 : Vous serez haïs de tous les païens à cause de mon nom.
L’Église chrétienne a été et sera toujours attaquée de toutes parts :  bien que « dans » le monde, elle ne sera jamais « du » monde.
La chevalerie ne saurait laisser faire et rester sans réagir : son devoir est de défendre l’Église.
Jn 16,33 : Prenez courage, j’ai vaincu le monde !

 Cependant :

Nous savons bien que l’Église est composée d’hommes et de femmes qui, malgré leur vocation à rester sur le chemin de la sainteté, peuvent faillir et tomber. 
S’il n’est pas question, critère pris de l’Évangile, de tolérer certains actes, jamais nous ne devons porter sur les personnes un jugement qui n’appartient qu’à Dieu seul.  
Et puis, il ne peut être question de participer à cette assez fréquente malhonnêteté qui consiste à condamner 99 « Bons pasteurs » à cause d’un cas catastrophique ou simplement déplorable.
N’oublions pas que notre témoignage est écouté : il ne faut pas s’unir à l’Adversaire :
Qui critique un clerc, blesse l’Église.

ARTICLE III

L’attitude envers les plus faibles.

Saint Martin partageant son manteau avec un mendiant
Saint Martin partageant son manteau avec un mendiant

L’article 3 du Code de la chevalerie est ainsi rédigé :

Tu respecteras les faibles et seras leur protecteur.

C’est à dire :

Le fondement de l’attitude chevaleresque est le RESPECT : On ne peut respecter les autres qu’à condition de se respecter soi-même ; c’est-à-dire, pouvoir se regarder dans un miroir, sans honte.
Saint Bernard, s’adressant aux chevaliers de son temps, leur disait : Soyez grands avec les grands et simples avec les faibles. Cela suppose d’avoir assez d’assurance pour être seigneur de soi-même et être à la fois fort (et non pas violent !) ET doux (et non pas lâche !).

Cependant :

En chevalerie, on aime bien la devise du maréchal de Lattre de Tassigny: « Ne pas subir ». Cette devise n’est pas toujours facile à appliquer, mais il est certain que sans votre consentement, personne ne peut vous voler votre âme !
Le Christ a dit (Jn 5,15) : « En dehors de moi vous ne pouvez rien faire ». Pour respecter le mieux possible cet article du Code, il faut prier Dieu et lui demander la Lumière pour toujours savoir quoi faire et la Force pour l’accomplir.
Contre la tentation de l’indifférence il faut savoir regarder, du même regard que celui que le Christ pose, tant de fois tout au long de l’Évangile, sur les miséreux de toutes sortes de misères.

ARTICLE IV

L’amour de la patrie.

Statue de Jeanne d'Arc Basilique Sainte-Jeanne-d'Arc, Paris
Statue de Jeanne d’Arc Basilique Sainte-Jeanne-d’Arc, Paris

L’article 4 du Code de la chevalerie est ainsi rédigé :

Tu aimeras ta Patrie.

C’est à dire :

La Patrie ! Ce mot, un peu démodé, désigne pourtant quelque chose de bien réel : le pays, la province ou même la ville ou le village dont on est originaire.
Originaire, c’est-à-dire d’où on vient, là où se trouvent nos racines.
Notre Pays fait partie intégrante de notre être même, élément constitutif de notre patrimoine. Comment nous aimer nous-mêmes et aimer notre prochain, nos « compatriotes », si on n’aime pas sa Patrie ? Et si un ennemi veut la détruire ou l’envahir, elle doit être défendue par son armée et ses citoyens entrant en résistance contre l’ennemi ou l’occupant (c’est la « légitime défense »).

 Cependant :

La Patrie n’est pas une idole qu’on devrait adorer ! Et nous ne devons pas suivre des chefs qui voudraient mener des guerres injustes ou des politiques immorales. L’Église soutient la loi naturelle et reconnaît la « clause de conscience » : aucune loi humaine ne saurait annuler les Commandements de Dieu.
Ne jamais oublier que notre Patrie définitive est le Royaume du Ciel, à l’avènement duquel la chevalerie, plus que toute autre, est invitée à travailler et combattre.

ARTICLE V :

Le comportement dans l’adversité :
Ne jamais reculer.

on ne passe pas
on ne passe pas (bataille de Verdun 1916)

L’article 5 du Code de la chevalerie est ainsi rédigé :

Tu ne reculeras jamais devant l’ennemi.

C’est à dire :

Quand la situation nous est contraire et qu’il faut faire face à un adversaire ou à un ennemi, qu’il soit en nous (défauts, maladies, blessures) ou hors de nous (contradiction ou attaque injuste), ce sont des épreuves que la vie nous envoie ; Dieu n’y est pour rien, mais Il nous accompagne comme partout et toujours : il est AVEC nous.
Depuis la nuit des temps, nous savons qu’aucune vie n’est épargnée par la douleur, la maladie et la mort.
Pour nous-mêmes, si nous le voulons, nous pouvons les rendre utiles et fécondes : en les offrant à Dieu en participation et union confiante aux souffrances du Christ Rédempteur du monde. C’est ce que l’Église a toujours enseigné et la chevalerie croit en cet enseignement.
Pour notre prochain, notre ennemi privilégié est la souffrance des plus déshérités, pauvres et malades.
Faire face : c’est d’abord ne pas fuir, et puis aider son prochain à endurer ; le consoler, parfois par un simple silence, au côté de celui qui souffre : être présent et, par la prière mentale ou orale, « Ainsi soit-il et Prends pitié » les aider, s’il leur est permis d’accéder à ce privilège, à accepter et offrir leur épreuve au Christ Rédempteur, pour le Salut du monde.

Cependant :

À l’exemple du Christ au jardin de Gethsémani :
Mt 26,39 : Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! …

On a le droit de prier, de demander à être épargné et ne pas avoir à affronter l’ennemi !
Mais si nous faisons confiance à notre Père céleste, nous ne doutons pas qu’il sache, bien mieux que nous-mêmes, ce qui est bon pour nous et pour notre Salut.
Mt 26,39 : … Pourtant, non pas comme je veux, mais comme tu veux !

Enfin, nous devons apprendre à prier le Notre Père « … que ta volonté soit faite… »  Bien avant que ne survienne l’épreuve :
Mt 25,13 : Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure.
Afin d’être toujours prêt.
Et lorsque nous communions à la Messe ou au Culte, soyons bien attentifs, car c’est peut-être la dernière fois que cette grâce nous est offerte !

ARTICLE VI

Le combat pour la Foi.

les quatre fils Aymon
Les quatre fils Aymon

L’article 6 du Code de la chevalerie est ainsi rédigé :

Tu combattras pour la Foi chrétienne.

C’est à dire :

De nos jours, la question se pose : dans une ambiance contemporaine de relativisme généralisé, faut-il défendre la Foi chrétienne, et si oui, comment ?
La réponse est nécessairement affirmative car le Chrétien sait que la Vérité existe : parce qu’il croit en Jésus-Christ et en la Révélation de son enseignement. Il a la Foi, reçue de Dieu par la grâce de son Baptême.
L’attitude chevaleresque, qui est celle d’hommes et de femmes qui se considèrent comme vassaux de Dieu, suprême Suzerain, doit donc consister à combattre pour la Foi : Dieu a des droits, et ces droits sont sacrés : droit d’être connu, d’être aimé et d’être servi.

Cependant :

Bien sûr, personne, et les Chrétiens pas plus que d’autres, ne « possède » la Vérité tout entière, à l’exception du Christ, qui EST la Vérité même :
Jn 14,6 : « Je suis le chemin et la vérité et la vie ».

Mais les Baptisés ayant une confiance absolue en la Parole du Christ-Vérité, ils savent qu’ils sont « possédés par la Vérité ».
Refuser l’indifférentisme ou le relativisme, qui mettent toutes les religions et philosophies à égalité dans un doute universel, c’est déjà combattre pour la Foi.
Les meilleures munitions pour ce combat sont la connaissance et la méditation de la Parole de Dieu, par la lecture régulière de la totalité de l’Évangile, ainsi que l’oraison régulière du Notre Père, seule prière enseignée directement par Jésus à la demande de ses disciples (Mt 6,9-13).

On entend souvent cette plainte :
« Si Dieu existait, il ne permettrait pas… ceci… ou cela… ». Nous savons bien qu’un tel dieu n’existe pas, idole qui opérerait par magie, intervenant à tout propos et faisant de nous ses esclaves irresponsables.
Le Dieu des Chrétiens, révélé par l’Évangile,
Dieu qui n' »existe » pas puisqu’il est incréé,
ce Dieu EST, de toute éternité.
Il est le Dieu Créateur de notre liberté par l’enseignement de la Vérité :
Jn 8,32 : « La vérité fera de vous des hommes libres ».
Voici quelle est la Foi, pour laquelle nous devons combattre.

ARTICLE VII :

La fidélité à la parole.

Serment d'un chevalier
Serment d’un chevalier

L’article 7 du Code de la chevalerie est ainsi rédigé :

Tu ne diras que la vérité et resteras fidèle à ta parole.

C’est à dire :

En esprit chevaleresque, mentir est proprement impossible. Ce que l’on dit doit nécessairement être vrai, le dernier recours pouvant être éventuellement de ne rien dire…
Et quand on promet, on a honneur, par respect de soi et de l’autre, de tenir sa parole ; c’est une courtoisie sur laquelle les autres doivent pouvoir compter. Il ne faut jamais engager sa parole pour des futilités ni à la légère, et, par principe, nous devons bannir de notre vie tous les petits mensonges soi-disant anodins.

Cependant :

L’idéal est bien de ne dire que la vérité. Mais il n’est pas imposé de devoir tout dire. Il y a, par exemple, deux cas de figure qui peuvent se présenter :

1- Une autorité illégitime vous demande de dénoncer quelqu’un ou bien de répondre à une question malhonnête : vous n’êtes pas tenu de lui dire la vérité, car cette autorité n’est pas digne de la recevoir :
Mc 11,33 : « Moi non plus, je ne vous dis pas de quelle autorité je fais cela ».

2- Plus couramment, et pour des questions sans gravité, pour éviter de blesser ou de faire de la peine à quelqu’un, on peut être amené à commettre un « pieux mensonge », c’est à dire une petite contrevérité : mais il faut essayer d’éviter de se trouver dans ce cas parce que, si ce n’est pas une mauvaise action majeure, ce n’est pas un bien non plus ! Par rapport au Code de la chevalerie cela reste un mal.
Enfin, nous devons avoir bien conscience que les engagements que nous prenons comme Chrétiens, sont l’expression de notre liberté agissante. Il est donc vital de rester fidèles à ces engagements, pourvu qu’ils aient été pris de manière valide : baptême, confirmation, mariage, vœux religieux…

ARTICLE VIII :

L’attitude envers les autres : 
La générosité du cœur, le bien et la justice

Fresque saint-georges
Saint Georges

L’article 8 du Code de la chevalerie est ainsi rédigé :

Tu seras généreux et charitable envers ton prochain.

C’est à dire :

Cet article renvoie ici à ce qu’est profondément l’attitude chevaleresque. D’abord, ne jamais traiter le prochain comme un simple « individu » sans importance, mais comme une véritable personne, unique quelle qu’elle soit. Même par un regard silencieux, nous pouvons faire comprendre à cette personne qu’elle a de l’importance pour nous, qu’elle nous est précieuse, que nous sommes heureux de la voir et que nous la remercions d’exister.
La véritable générosité, c’est avoir le sens du service : être toujours prêt à servir et le goût de l’aventure et du partage.
C’est enfin s’exercer à la dilection de la prière quotidienne les uns pour les autres. Prier pour les proches, sa famille, et tous ceux que l’on côtoiera dans la journée. Alors le regard porté sur eux est courtois ; il ne peut plus être celui de l’indifférence.
Ph 4,13 : Je peux tout en Celui qui me rend fort.

Cependant :

Il est nécessaire de garder une juste mesure pour ne pas s’épuiser et garder avec raison le sens de ses responsabilités : on a vu des « âmes chevaleresques » jeter à la rue leur famille et leurs enfants par les conséquences inconsidérées de leurs excès de générosité…
On ne saurait terminer ce bref commentaire sans évoquer l’article conclusif du Code de la chevalerie, qui résume en très peu de mots l’essence même de ce Code :
Toujours et en tout lieu, tu agiras en défenseur du Bien et de la Justice contre le mal et l’iniquité
On y affirme la nécessité, en permanence et partout, d’une chevalerie réellement présente dans le monde par son ACTION, dans le DISCERNEMENT entre ce qui est Bien – ce qui plaît à Dieu – et ce qui est mal, entre ce qui est Juste – ce qui est conforme à la volonté de Dieu –  et ce qui est inique.
Sans peur ni reproche, dans la maîtrise de soi, pour laisser la grâce de Dieu nous aider à devenir meilleurs, en nous conformant au plaisir du Dieu de la dilection.


«  Alors, osez être vous-mêmes !
        Sortez de vos catacombes !
C’est par votre assurance et votre audace,
C’est dans l’exemplarité de votre comportement,
que vous susciterez l’émulation.
       
        C’est ainsi que le Royaume de Dieu avance ! »